29 novembre 2022

La stimulation ovarienne : coup d’œil sur une étape essentielle du parcours PMA

Avoir un maximum d'ovocytes : l'objectif de la stimulation ovarienne

Après plusieurs essais bébé infructueux, vous envisagez sérieusement de faire appel à la science pour vous accompagner dans votre désir d’enfant. Seulement voilà, la PMA est un chemin semé de termes plus obscurs les uns que les autres et entre l’induction ovarienne, la FSH, la LH ou encore les gonadotrophines, vous vous sentez perdue. Rassurez-vous, il n’y a rien de plus normal et nous sommes là pour vous aider ! 😎Et si l’on regardait d’un peu plus près l’une des étapes essentielles à la réussite de votre projet : la stimulation ovarienne. Comment ça marche ? Quel est l’intérêt d’y avoir recours ? Quels sont les différents traitements ? Quels sont les risques ? On vous dit tout sur cette première étape de votre parcours de PMA. Suivez le guide !

La stimulation ovarienne : comment ça marche ?

Le cycle ovarien et la production d’ovocytes : on fait le point

Oui, on vous l’accorde, pour nous aussi, les cours de SVT remontent un peu 🧐. C’est pourquoi, avant de nous attaquer au vif du sujet, nous vous proposons de remettre un peu d’ordre dans nos vieux souvenirs de lycéens.

Commençons par le commencement : l’appareil reproducteur féminin est constitué de deux ovaires.

Jusque-là, c’est assez simple !

Chacun de ces ovaires contient plusieurs petites cavités appelées follicules à l’intérieur desquelles se trouve un ovocyte.

Durant la phase folliculaire du cycle ovarien, c’est-à-dire du 1er au 14e jour, sous l’effet d’hormones, plusieurs de ces follicules se développent, mais seulement l’un d’entre eux deviendra dominant. Il permettra alors la croissance d’un ovocyte qui, une fois mature, sera expulsé vers les trompes de Fallope lors de la phase ovulatoire.

Cet ovocyte ne sera fécondable que dans les 12 à 24 heures qui suivront sa libération. Il est d’ailleurs souvent conseillé d’avoir des rapports sexuels quelques jours avant l’ovulation afin que les spermatozoïdes, qui ont une durée de vie supérieure à celles des ovocytes, aient tout le temps nécessaire d’arriver à bon port. Alors, à vos marques (et à vos agendas)… prêts ? Foncez ! 🚀

La dernière partie du cycle, dite phase lutéale, se situe entre l’ovulation et le début des règles suivantes. Après avoir libéré son ovocyte, le follicule dominant se referme pour former ce que l’on appelle le corps jaune.

Le corps jaune est un élément constitutif dans l’implantation de l’embryon puisqu’il va sécréter des œstrogènes et de la progestérone. Ces deux hormones vont permettre à la muqueuse utérine de s’épaissir et de s’enrichir de vaisseaux sanguins afin d’accueillir l’œuf en cas de fécondation.

Si l’ovule n’est pas fécondé, le corps jaune régresse et l’endomètre se désagrège entraînant avec lui des saignements, ce sont les règles, puis c’est reparti pour un tour (et un nouveau cycle) !

De l’intérêt d’avoir recours à une stimulation ovarienne

Chaque femme possède, dès sa venue au monde, un certain nombre d’ovocytes que l’on appelle réserve ovarienne. Or cette réserve, qui se constitue lors de la vie intra-utérine, ne cesse de décroître à chaque cycle menstruel.

Si l’on compte 1 à 2 millions de follicules ovariens à la naissance et environ 400 000 à la puberté, ce nombre n’est plus que de 25 000 autour de 35 ans. La vie est bien faite ? Mmmmmh permettez-nous d’en douter ! 😅

Outre cette dégénérescence naturelle qui amenuise progressivement les chances de fécondation, les troubles de l’ovulation chez la femme seraient responsables de 34 % des cas d’infertilité. Anovulation (absence d’ovulation), dysovulation (anomalie de l’ovulation) ou encore syndrome des ovaires polykystiques, autant de complications rencontrées qui poussent les femmes à consulter un spécialiste.

Lorsqu’une femme éprouve des difficultés à tomber enceinte naturellement, une stimulation ovarienne est alors recommandée. Elle peut être proposée comme un traitement à part entière ou constituer une étape dans un parcours de procréation médicalement assistée.

La stimulation ovarienne, c’est finalement un petit coup de pouce que l’on donne à vos ovaires afin d’augmenter le nombre de follicules arrivant à maturation et de rétablir l’ovulation.

Le but est simple : on stimule, on stimule, on stimule pour mettre toutes les chances de votre côté. 💪

Stimuler sa production d’ovocytes : quels sont les différents traitements ?

Avant toute chose, sachez que tout recours à un traitement d’induction ovarienne nécessite la réalisation d’un bilan de fertilité.

Chez la femme, ce bilan doit notamment vérifier l’état des trompes et analyser la qualité de l’ovulation. Les hommes ne sont pas en reste puisqu’ils doivent, quant à eux, contrôler la nature de leur sperme en effectuant un spermogramme.

Les traitements proposés, qu’ils soient par voie orale ou par injection, ont tous le même objectif : augmenter la production des hormones responsables de la croissance des follicules, les gonadotrophines.

Les gonadotrophines sont naturellement sécrétées par l’hypophyse (glande située à la base du cerveau), qui stimule l’activité des ovaires.

Elles sont au nombre de deux : l’hormone lutéinisante, appelée LH, et l’hormone folliculo-stimulante, connue aussi sous le nom de FSH.

Le citrate de clomifène

En première intention, on recourt généralement à un traitement hormonal par voie orale appelé citrate de clomifène, bien connu sous le nom de Clomid®.

À raison d’un comprimé par jour, le clomifène est à prendre pendant 5 jours dès le 3e jour du cycle. Fastoche !

Ce traitement induit, au niveau de l’hypophyse, une sécrétion de FSH plus importante afin d’encourager la maturation des ovocytes.

Si le clomifène seul ne réussit pas, notamment dans le cas des femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques, il peut être combiné à d’autres médicaments tels que la metformine. En effet, un traitement adjuvant peut s’avérer utile dans l’induction d’ovulation, en particulier si vous êtes résistante à l’insuline ou si vous présentez un indice de masse corporelle élevé.

La stimulation ovarienne par clomifène peut être répétée entre 4 à 6 cycles au-delà desquels un traitement par injection (intramusculaire, intradermique ou sous-cutanée) vous sera proposé.

Les gonadotrophines : LH et FSH

En cas de réponse insuffisante au citrate de clomifène, le médecin pourra vous prescrire des gonadotrophines par injection quotidienne. La durée du traitement est variable d’une femme à l’autre, mais ne dépasse pas celle de la phase folliculaire.

Vous pouvez réaliser ces injections sous-cutanées vous-même(1) ou demander l’intervention d’une infirmière à votre domicile, c’est vous qui choisissez.

Vous craignez les aiguilles ? Soyez rassurée, l’administration de ce traitement est largement facilitée par l’existence de stylos injecteurs beaucoup moins effrayants que ce que l’on peut imaginer. On les trouverait même presque mignons ! 💉

Les gonadotrophines ainsi injectées agissent directement au niveau des ovaires pour encourager toujours plus la production et le développement des follicules.

Ici, on ne vise plus la croissance d’un seul follicule, mais de plusieurs.

En gros, on met le paquet !

La GnRH

Il arrive parfois que les mécanismes de communication entre les ovaires et l’hypophyse ne fonctionnent pas correctement. Dans ce cas, une autre thérapie, un peu moins connue que les précédentes, peut être proposée.

Il s’agit de la thérapie par gonadolibérine ou GnRH. Promis, après on arrête avec les sigles barbares ! 😅

La GnRH est l’hormone responsable de la sécrétion de la FSH et de la LH. Elle est produite au niveau de l’hypothalamus. C’est elle qui donne le signal à l’hypophyse de libérer les gonadotrophines afin d’assurer les différentes phases du cycle ovarien (phase folliculaire, ovulation, phase lutéale).

Chez les femmes présentant une aménorrhée d’origine hypothalamique (absence de règles généralement liée à un stress intense, une perte de poids, un exercice excessif ou la combinaison de ces différents facteurs), la production de GnRH est fortement perturbée. Ce dérèglement implique que l’hypophyse ne sécrète plus de FSH ni de LH en quantité suffisante pour induire la croissance des follicules et par conséquent l’ovulation.

Une pompe est alors fixée sur votre ventre et délivre dans votre sang, de façon pulsatile, de petites doses de GnRH afin de stimuler l’hypophyse et de rétablir une concentration normale de FSH et de LH.

À chaque problème, une solution !

Chatouiller ses ovaires : c’est risqué ?

Comme n’importe quel traitement, la stimulation ovarienne peut entraîner un certain nombre d’effets indésirables qu’il faut connaître.

Dans tous les cas, sachez qu’une double vérification, biologique et échographique que l’on appelle monitorage est nécessairement mise en place.

Elle permet de suivre la croissance des follicules, d’observer le taux d’hormones, d’adapter le traitement, de prévenir les risques de grossesse multiple, d’indiquer la date idéale des rapports sexuels, et éventuellement de déclencher l’ovulation.

Souriez, vous êtes surveillée ! 📸

Des effets indésirables

Parmi les désagréments sans gravité, mais que l’on aimerait tout de même éviter, on peut citer :

  • une réaction cutanée au point d’injection ;
  • des maux de tête ;
  • des troubles digestifs ou des nausées ;
  • de la fatigue ;
  • des seins douloureux ;
  • une prise de poids.(2)

L’hyperstimulation ovarienne

De manière plus exceptionnelle, il arrive que certaines femmes présentent un syndrome d’hyperstimulation ovarienne. Elle se manifeste par une augmentation significative du volume des ovaires, des douleurs abdominales, un gonflement de l’abdomen et une gêne respiratoire.

Ce phénomène se produit lorsque les ovaires réagissent de façon excessive à la stimulation et qu’un nombre trop important de follicules parvient à maturation.

L’hyperstimulation ovarienne peut, en outre, générer un risque de thrombose chez les patientes présentant des facteurs à risques (âge, antécédents d’accidents cardio-vasculaires, obésité, prise d’œstrogènes) et conduire à une hospitalisation.

Cependant, pas d’affolement, l’hyperstimulation sévère reste rare !

En effet, grâce au monitorage, les médecins sont capables aujourd’hui d’individualiser chaque traitement et d’éviter les surdosages.

Le risque d’une grossesse multiple

L’ennui, lorsque l’on encourage la maturation des ovocytes, c’est que plusieurs ovules soient libérés au moment de l’ovulation et que, potentiellement, plusieurs d’entre eux soient fécondés.

Si les grossesses multiples peuvent survenir au cours d’une stimulation ovarienne simple, c’est-à-dire sans PMA, elles sont de moins en moins fréquentes lors d’une insémination artificielle ou d’une fécondation in vitro.

En effet, dans l’un et l’autre cas, l’évolution des ovocytes est suivie de près, voire de très près, et les spécialistes se tiennent prompts à suspendre le traitement en cas de risque trop élevé.

À cela s’ajoute, depuis quelques années, une réelle prise de conscience de la part des gynécologues qui privilégient l’implantation d’un seul embryon plutôt que deux dans le cadre d’une FIV. La qualité avant la quantité ma p’tite dame ! 👌

Une petite question ?

Parce que, on le sait bien, il reste toujours une ou deux questions laissées sans réponse, on vous propose une  FAQ bonus !

Est-ce que stimuler, c’est gagner ? Quelles sont les chances de réussite ?

Avoir recours à la stimulation ovarienne permet d’obtenir entre 10 à 20 % de chances d’aboutir à une fécondation. Sachant que, pour un couple fertile, les chances de grossesse sont de 20 à 25 %, on peut dire que la stimulation ovarienne a un vrai rôle à jouer quant à la réussite d’un parcours de PMA.

Vous venez de commencer un traitement et cela n’a pas fonctionné ? Soyez rassurée, vous avez le droit à plusieurs tentatives.

Il arrive assez souvent que cela ne marche pas du premier coup, mais la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez recommencer !

Le nombre d’essais reste variable d’une femme à l’autre et dépend bien évidemment de la situation personnelle de chacune, mais l’on constate, en moyenne, des résultats autour du 4e mois de traitement. Cependant, il peut vous être conseillé d’espacer la prise de médicaments d’un cycle sur deux afin de laisser vos ovaires au repos.

Comme on dit, qui veut aller loin ménage sa monture ! 🐌

La stimulation ovarienne : combien ça coûte ?

Parlons peu, parlons prix !

Vous vous demandez sans doute combien tout cela va vous coûter.

Et bien sachez qu’en France, les actes de PMA sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour au maximum :

  •  6 inséminations (une seule insémination artificielle par cycle) ;
  •  4 tentatives de fécondation in vitro(3).

Cela comprend évidemment les traitements qui accompagnent ou précèdent les actes de PMA, y compris la stimulation ovarienne. Il vous suffit pour cela de constituer un dossier auprès de votre médecin traitant ou de votre gynécologue.

Attention cependant aux dépassements d’honoraires qui, comme pour n’importe quel acte médical, seront à votre charge. 💸

Quid de la stimulation naturelle ?

Vous avez bien besoin d’un petit coup de pouce pour stimuler vos ovaires, mais vous aimeriez éviter les traitements médicamenteux ?

Sachez que des recherches ont été menées, en particulier par l’école de santé de Harvard(4), dans le sens d’une stimulation naturelle. 🐝Ces études ont notamment démontré les bienfaits d’un régime dit de fertilité sur les troubles de l’ovulation. En bannissant certains aliments tels que le sucre, la caféine ou le soja et en privilégiant les sources de vitamine (C, D, B12, B6,…), d’oméga 3, d’antioxydants de zinc ou encore de protéines végétales, les chercheurs ont pu observer une diminution significative des problèmes de fécondité chez les femmes atteintes de dysfonctionnement ovulatoire.

Outre cette alimentation modifiée, la consommation de certaines plantes pourrait également permettre d’augmenter la fertilité. Souvent absorbés en infusion, les feuilles de framboisier ou d’ortie, la sauge sclarée, le gattilier, l’alchémille, le trèfle rouge ou le pissenlit favoriseraient en effet un rééquilibrage hormonal. N’hésitez pas à prendre conseil auprès de votre pharmacien ou de votre herboriste.

Par ailleurs, sachez que pour vous aider à mieux vivre cette expérience de PMA qui peut s’avérer parfois difficile, vous pouvez faire appel aux médecines douces telles que la sophrologie ou l’acupuncture. Gérer son stress et ses angoisses reste en effet primordial dans la réussite d’un tel parcours.

Soufflez madame, soufflez ! 🧘

Nous arrivons à la fin de cet article, vous avez désormais toutes les informations essentielles pour vous lancer sereinement dans votre parcours de PMA. N’hésitez pas à consulter notre rubrique ressources, vous y trouverez des renseignements complémentaires quant aux différentes étapes qui vous attendent. Et n’oubliez pas, le bonheur est au bout du chemin, vous êtes sur la bonne voie !

Article rédigé par Marie Jacques (sous l’œil impitoyable de votre humble serviteur : aka moi, Charlotte ! 😋)

🤓Sources :

1. Tutos stylos injecteurs pour la stimulation ovarienne

2. Base de données publique des médicaments

3. Prise en charge de la PMA par la Sécurité sociale

4. Étude de Harvard sur le régime Fertilité

Mais aussi :

Arrêté du 22 juin 2015 définissant les règles de bonnes pratiques applicables à la stimulation ovarienne

Guide induction à l’ovulation : Aspects théoriques, pratiques et législatifs de la Clinique Mutualiste La Sagesse

Dysfonctionnements ovulatoires

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